Ces médias qui se passent de commentaires

les commentaires sur les sites des médias

Si c’est Digiday qui le dit…

Notre équipe marketing a récemment partagé un article de Digiday intitulé « Why some publishers are killing their comment sections » (par Ricardo Bilton). Voyant la date du 14 avril, j’ai pensé qu’il s’agissait d’un article récent. Ce n’était pas le cas. S’il fut publié il y a deux ans, cet article correspond encore parfaitement au contexte actuel, du moins en ce qui concerne les médias européens.

Selon Bilton, si Internet nous promet bien souvent un dialogue réciproque avec notre audience, quiconque est capable de lire les commentaires sur le site d’un média est en droit de se poser la question suivante : cette opportunité de conversation est-elle une promesse ou une menace ?

L’article présente ensuite une série d’arguments en vertu desquels de plus en plus de médias décident de ne plus autoriser les internautes à laisser des commentaires sur leurs articles. Et contrairement à ce que l’on pourrait croire, il ne s’agit pas uniquement d’éviter un feedback négatif !

1. Les commentaires inappropriés

Autoriser les commentaires requiert de pouvoir les modérer. Comme expliqué dans cet article de The New York Times, non seulement ces commentaires inappropriés et/ou abusifs polarisent les lecteurs, mais ils tendent souvent à changer l’interprétation que ceux-ci font de l’article en lui-même. En d’autres mots : la modération demande du temps, des efforts, et de l’argent. Des ressources dont tous les médias ne disposent pas toujours.

En outre, s’ils choisissent d’autoriser les commentaires, deux options s’offrent à eux :

  • Les commentaires des internautes doivent être validés avant d’être publiés ;
  • Les commentaires des internautes peuvent être directement publiés, sans validation nécessaire.

Or, la première solution fait perdre l’aspect instantané de la conversation. Quant à la seconde… eh bien, vous pouvez relire le premier paragraphe de ce point.

2. Les trolls et les spambots

C’est l’argument qu’invoque Popular Science, qui n’autorise plus les commentaires sur son site depuis 2013.

3. Commenter demande du temps au visiteur

Oui, rédiger un commentaire demande du temps et requiert de la part du lecteur un effort supplémentaire. Autrement dit, il ne s’agit peut-être pas du meilleur moyen de générer des interactions avec les visiteurs d’un site.

4. Les commentaires anonymes

De plus en plus de médias choisissent de n’autoriser que les commentaires identifiés. Par exemple, ne peuvent interagir que les visiteurs qui sont connectés via leur profil Facebook. Cela dans le but d’éviter les gens laissant des commentaires sous un faux nom ou de manière anonyme. Cela peut en effet réduire le phénomène. D’un autre côté, cela limite également le débat autour de sujets plus « délicats » tels que la politique, le terrorisme, ou dans certains cas, le sport. Ce qui nous amène à un dernier point.

5. Désactiver les commentaires autour de sujets sensibles

Les médias qui conservent les commentaires font parfois le choix de les désactiver « sur mesure », soit en fonction du sujet de l’article. Certains thèmes vont clairement générer plus de commentaires abusifs que d’autres. C’est le cas que Craig Newman, directeur du Chicago Sun-Times, décrit dans l’article de Digiday : la situation s’était tellement dégradée que les journalistes étaient capables de prédire exactement quel article engendrerait le plus de commentaires inappropriés. Ils choisissaient alors simplement d’interdire les commentaires sur ceux-ci.

En Belgique, il existe également des cas concrets qui rendent compte du problème et ont opté pour la même stratégie que le Sun-Times. Le phénomène de commentaires abusifs ou inappropriés est évidemment renforcé par des évènements tels que les attentats de Bruxelles le 22 mars dernier. Prenons l’exemple du quotidien La Dernière Heure, qui publie aujourd’hui deux articles sur son site :

Les commentaires sont autorisés sur cet article de la DH

Malgré tout cela, les médias désirent toujours établir un dialogue avec leur audience et générer des interactions sur leurs différents canaux. Aujourd’hui, cela peut se faire sous d’autres formes que celle de commentaires. Il existe des formats permettant aux utilisateurs de donner leur opinion sans en faire la publicité, des formats qui requièrent l’usage d’une souris et plutôt que celui d’un clavier. Les quiz, sondages illustrés, jeux, tests de personnalité et autres formats sont de plus en plus sollicités par les médias pour générer de l’interaction, de la conversation et des partages naturels (organiques).

Sources et suggestions d’articles pour aller plus loin :

  • http://www.popsci.com/science/article/2013-09/why-were-shutting-our-comments
  • http://www.nytimes.com/2013/03/03/opinion/sunday/this-story-stinks.html?_r=1
  • http://digiday.com/publishers/comments-sections
  • http://digiday.com/publishers/4-publishers-killed-comment-sections-2014/
  • http://digiday.com/publishers/community-managers-keep-comment-threads-civil/

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